Les Négresses Vertes : Interview au festival Jardin Sonore

Voir Les Négresses Vertes en concert, c’est déjà incontournable. Mais pouvoir poser quelques questions à Paulo et Stéfane, ce 23 juillet 2018 à Vitrolles, quel grand kif !

Les negresses vertes

MusiK Please : Comment un tel miracle a-t-il pu se produire : cette reformation ?

Les Négresses Vertes : Non, ce n’est pas vraiment un miracle, mais plutôt un concours de circonstances. En fait, le back catalogue du groupe a été racheté et les disques sont ressortis via le label Because Music. Donc Alexandre Vertadier, le boss de Décibels Productions, nous a dit que c’était peut-être le bon moment de remonter sur les planches. Et comme il ne faut pas nous pousser longtemps, on a rapidement accepté la proposition.

Est-ce que cela a été dur de finaliser ce retour ?

Ça s’est fait naturellement. On a démarré à la maison, Paulo, Isa et moi. A la mi-novembre, on a commencé  par refaire la base guitare – voix et on s’est rendu compte entre tous les trois que la flamme qu’on croyait éteinte était toujours là. Donc, au mois de janvier, on a reformé le groupe avec 5 membres originaux plus deux musiciens supplémentaires. Et pareil, on a répété pendant un mois. Cela s’est fait sans effort, naturellement. On a travaillé, bien évidemment, mais pas dans la douleur, plutôt avec le plaisir de se retrouver autour de ces chansons. Aujourd’hui on en est à notre 45ème concert et on en est les premiers ravis.

Comment vous êtes-vous réapproprié les chansons de Helno ?

Bon, déjà même si Helno était sur le devant de la scène, nous chantions également au début. Et puis nous avions déjà repris le flambeau après son décès en 1993. Et aussi le fait de chanter ses textes, c’est une formidable façon de lui rendre hommage, en fait.

Mlah contient pas mal de hits potentiels. Comment expliquez-vous cette fulgurance précoce ?

On ne se l’explique pas vraiment. Tout s’est passé très vite pour ce premier album, les chansons ne traînaient pas dans nos têtes depuis des années. On avait la spontanéité du punk, sauf qu’on jouaient avec des instruments acoustiques.

Est-il difficile de jouer « Face à la mer » ?

« Face à la mer » parle de la mort bien sûr, mais c’est aussi une chanson optimiste. D’ailleurs il y a un couplet qui dit : « Si on allait au cimetière, Voir mon nom gravé sur la pierre, Saluer les morts face à la mer, Ivres de vie dans la lumière ». On n’a donc aucun problème pour la jouer.

Vous attendiez-vous à une telle ferveur ?

Bien sûr que non ! au début, tu as vraiment peur de te planter. Mais finalement, tout s’est mis en place rapidement. Et ce qui nous a fait le plus plaisir, c’est de voir que le public est intergénérationnel. On rencontre des jeunes, comme des gens de notre âge. C’est là que tu te dis que tout le monde connait les chansons des Négresses Vertes. Elle sont un peu rentrées dans notre patrimoine. Alors que nous, on peut se balader incognito…

Cette tournée à-t-elle relancé votre inspiration ?

Il est vraiment trop tôt pour le dire. Pour l’instant, on se consacre à 100% à cette tournée, qui nous occupe bien quand même. Le plaisir est là et c’est quand même l’essentiel. Mais on ne veut rien s’interdire. L’avenir nous le dira.

Pourquoi Les Négresses Vertes, au fait ?

Les Négresses Vertes, c’était notre façon à nous de dire non au racisme : Qu’on soit noir, blanc ou vert, on est tous pareil en fait !

Les Négresses Vertes poursuivent leur tournée au moins jusqu’en automne. Ne les manquez pas !