Oktober Lieber, automne noir

Les deux parisiennes d’Oktober Lieber proposent un beau condensé de musique électronique sombre et industrielle aux versants pop dans leur premier disque « In Human ». 

oktober lieber

Projet de deux artistes parisiennes œuvrant entre autre dans la techno et le post-punk, Oktober Lieber ne fait pas vraiment dans la musique électronique hédoniste. Marion Camy-Palou et Charlotte Boisselier se rangent plutôt du côté de la rave hivernale dans une usine désaffectée de rase campagne. Pour leur premier album de 6 titres « In Human » sorti chez Le Turc Mécanique, les deux copines naviguent donc en terres froides et sombres puisant dans la veine minimale chère à l’archéologue Veronika Vasicka et son label Minimal Wave. Si le duo convoque aussi tout ce qui s’est fait de mieux dans l’antique musique électronique froide et industrielle (Suicide, Kraftwerk voire Carpenter), il lui donne un élan nouveau.

Ceci en allant allègrement dans un registre pop limite discoïde (le parfait « The Attacker »), carrément indus’ (« Visions » aux synthés que ne renieraient pas les Messins de Scorpion Violente) ou en n’hésitant pas à lancer des passages très clubs qui tapent (« Her Morphology », « Computer Model »). Leur patronyme à consonance germanique le confirme, la techno et sa culture restent en filigrane tout au long de l’album avec chant martial en allemand (« Freiheit ») et envolée de beats tapageurs (l’orientalisant et réussi « Temple House »).

Mais à l’image dernièrement de la Galloise Kelly Lee Owens ou de l’Anglais Daniel Avery, Oktober Lieber parvient à trouver ce juste équilibre entre accessibilité pop et structure club pour ne pas faire fuir les amateurs de mélodies et garder concentrés les férus de rythmes binaires. Associé à tout un habillage très dark lorgnant même vers l’ambiance film d’horreur, elles trouvent un créneau élégiaque qui se prête parfaitement aux temps très sombres du moment.

Oktober Lieber – « In Human » / date de sortie : 31 octobre 2018 chez Le Turc Mécanique  

Crédit photo : Titouan Massé