Sébastien Tellier : Interview (2/2)

 

MusiK Please a rencontré Sébastien Tellier à à l’occasion de la sortie de son quatrième album My God Is Blue. Après avoir discuter Pépitos et Granola, parlons musique; Voici la suite de cette entrevue déjà culte :

Sébastien Tellier :«  »My God Is Blue était l’album le plus difficile à enregistrer de toute ma carrière. J’avais plus peur en allant au studio qu’en allant faire un concert. C’est la première fois que j’étais tendu en studio. J’étais toujours à la limite du n’importe quoi. Tout était excessif, rien n’a été raisonnable. … Moi en général quand j’arrive en studio, je m’installe un petit lit de camp, j’aime bien travaillé allongé. J’emmène un duvet et je m’installe le premier jour. Et ça ! L’équipe qui travaillait avec moi l’a pris comme un défi. Et finalement, je suis resté dans un sorte de conflit, une tornade de forces comme ça ou Mr Flash (producteur de My God Is Blue) était le diable et moi dieu.

Je voulais la sève de Mr Flash comme dans le vice. Ce qu’on veut c’est la sève du vice. On a pas envie de voir le diable rouge, on a pas envie d’avoir le cancer, on veut pas le sida, on veur juste le vice. Il m’a imposé ses problèmes. Et c’est normal car le vice ne peut pas être que positif. Il faut aller le chercher. Les embuches sont chaotiques et abominables. Elles ont eu lieu. Mais je n’aurais pas pu me passer de lui pour faire l’album. Mr Flash est le seul qui sache mettre une sorte de spontanéité et de douceur dans la grandiloquence. C’est le seul à être à a fois ‘fat’ et bien « sweet ». Je ne sais pas faire ça. »

Le mouvement, l’Sébastien Tellier : My God Is Blue [nouvel album]" href="http://musikplease.com/sebastien-tellier-my-god-is-blue-23094">alliance bleu, est un support pour ma musique. J’aurais aimé être Victor Hugo, j’aurais rêvé d’être Dali, j’aurais rêvé d’être plein de mec que je trouve formidables. Mais je ne suis pas ces mecs là. Alors je dois créer plus grand que la musique. Je dois dépasser les autres par mes faiblesses. Se servir de ce qu’il y a de pitoyable en soi pour le transformer en quelque chose de bien. Moi je transforme mon « non-talent » (même si je pense que j’aie plus de talents que beaucoup). Ceux que j’admire, je n’existe pas à coté d’eux. Alors pour essayer de les atteindre, je suis obligé d’inventer plein de choses, de faire le malin. Les gens que j’admire sont les génies qui ont un tout petit pourcentage de charlatanisme. C’est ça la vibe du monde, le feeling général que je préfère. Moi, finalement, je suis un mélange de charlatan avec une toute petite part de génie. Donc je dois travailler dix fois plus que tout le monde. J’aie pas le corps de David Charvet ni les cheveux de Pamela Anderson. Je dois remplacer cette beauté, ce don par une réflexion; »

C’est une habitude sur MusiK Please, nous avons demandé à Sébastien Tellier qu’est-ce qu’il écoutait en ce moment.. Une de nos co-intervieweuse lui lance une perche sur une de ses influences :Christophe.

Sébastien Tellier : » Christophe .. Willem. j’aime bien, il y a un truc qui se passe (dit-il avec la répartie et l’ironie qui le caractérise). Non je déconne, je l’aime bien le bougre. Je compati à ce problème de cheveux que je partage. Le cheveux c’est toute ma vie. J’aie de la barbe mais pas de cheveux. 

J‘aime bien le groupe de rock qui s’appelle The Men. Ils ont une nouvelle façon de voir l’énergie.C’est comme si ils avaient analysé points par points la musique de Led Zep, de AC/DC, chez ZZ Top, pris le meilleur et fait quelque chose de fantastique.

Moi j’écoute aussi de la pop Thaïlandaise. J’ai acheté toutes les compiles des chanteurs pops dans un type de Leclerc Cultura en Thaïlande. J’écoute plus que ça, c’est fantastique. Ils ont l’amour du sucré, un peu comme les africains. Ils savent toucher la pulpe du fruit. La variété Thaï est sirupeuse  à l’extrême. C’est beaucoup plus agréable qu’écouter un mec qui essaye de vous tirer au couteau en perfecto.. (??).