Le groupe de rock français Soma sort Nobody’s Hotter than God, un second album mixé par Tony Hoffer et disponible très bientôt chez Epic/Jive (Sony Music). Chronique !
Disons le tout de suite : malgré son succès critique et quelques bons morceaux, je ne m’étais pas énormément enthousiasmé en écoutant le premier album de SOMA. C’est donc avec une petite appréhension que je me suis lancé dans l’écoute de ce second opus, en craignant la fameuse malédiction du second album… Eh bien autant vous dire que j’ai ravalé mes craintes illico.
Soma est un groupe Istréen (13) composé de quatre amis, tous unis par la passion du rock. Après un premier EP sorti en 2009, un album couronné de succès en 2010 et plus de 300 concerts depuis la formation du groupe, les français s’apprêtent à sortir Nobody’s Hotter than God. Sous ce titre presque prophane se cache un album solide, mélancolique et définitivement calibré pour la scène.
L’opus s’ouvre sur le beau « Silver Spleen » et son orchestration très épurée (je ne dis jamais non à un peu de mandoline) pour enchaîner sur « Rollercoaster » morceau énergique, porté par des choeurs efficaces et une batterie qui assure. « The Brightest Side » premier single issu de l’album, est un de mes morceaux favoris, avec un côté un peu rétro psyché dans les guitares et l’excellent chant de Yannick, dont les intonations rappellent parfois (attention, je vais blesser les puristes) celles de Matthew Bellamy.
S’en suit « MLK’s Carol » dont je regrette la petite platitude des couplets alors que le morceau a un excellent refrain et un très bon pont de guitare qui ne fait aucun doute sur le talent des deux guitaristes du groupe. Le dynamique « Henry VIII » est suivi par mon morceau préféré de l’album : « Nowhere Fast » petit concentré d’énergie sombre, violente et catchy. En voilà un titre qui fera sauter le public de SOMA en fosse, c’est certain. La septième piste « Letters to unwrite » est un titre sensuel et puissant, porté par des paroles réussies (le « baby come with me » du refrain… une invitation qu’on ne pourrait se permettre de refuser) alors que « Nobody’s Hotter Than God » possède une orchestration plus lourde qui m’a légèrement moins charmé. Arrive heureusement un autre de mes morceaux phares, « Several Days » qui m’était déjà familière et que j’ai pris un plaisir incroyable à redécouvrir dans l’opus. On croirait entendre les Killers, la profondeur des paroles en plus. Les choeurs aériens et le petit riff de guitare me font espérer que le morceau sera sorti en single, parce que « Several Days » est un tube, sans aucun doute.
« Nobody’s Hotter than God » se termine en douceur. Tout d’abord avec « Punch the Clock » qui aurait peut-être mérité un peu plus de punch mais qui reste un morceau correct, et enfin par « Mourning Caine » qui montre une nouvelle fois l’intelligence et la puissance des paroles de Soma. Car cette ballade d’inspiration biblique prend aux tripes et ne lâche plus jusqu’à la fin. La qualité du chant est à son paroxysme, le piano est triste mais fracassant, et que dire du texte, qui a failli me faire verser une larme. Une perle à l’état pur, qui enfle, enfle, et se dévoile dans toute sa beauté en milieu de morceau.
Je finis cet album mixé par Tony Hoffer (Beck, Phoenix et Goldfrapp, entre autres) avec tristesse et bonheur. Parce que c’est ce qu’un bon album est censé provoquer : triste de l’avoir terminé, mais foutrement heureux de l’avoir écouté. Et j’irais définitivement écouter Soma le 6 Octobre prochain à l’Usine (Istres) pour entendre en version live « Nobody’s Hotter than God » qui sera dans vos bacs le 24 Septembre.



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