Jakob Dinesen : la rêverie en double exemplaire

A l’instar de beaucoup de musiciens scandinaves, Jakob Dinesen demeure mésestimé dans nos contrées. Une carence dont le saxophoniste danois accentue l’injustice, à renfort de son nouvel album « Keys & Strings ».

Jakob Dinesen, Keys And Strings, cover

« Keys & Strings », tout est dans le titre ou presque ! Jazzman particulièrement convoité dans son pays natal, Jacob signe un diptyque téméraire. Un premier volet dédié aux claviers, un second plus porté sur le registre des cordes. Deux disques distincts mais aucunement exclusifs, chacun impliquant l’ensemble des instruments. Et ce, avec un réel souci de cohérence transversale.

Jakob Dinesen a su s’entourer pour mener à bien ce projet. Entre autres, l’orchestre symphonique de Thaïlande pour l’opus « Strings » (également agrémenté d’un quatuor dédié). Alors que différents pianistes interviennent sur « Keys ». Notamment Magnus Hjorth qui signe par ailleurs l’arrangement des cordes sur « Strings ».

Jakob Dinesen, promo

Dans sa globalité, « Keys & Strings » repose sur un spectre large. Tenu par la rigueur scandinave, il ne tombe pas dans le piège de l’éparpillement démonstratif. Jacob reste avant tout un rêveur humble. Et sa musique lui ressemble. Ne serait-ce qu’au travers la souplesse lyrique de son saxo ténor. Dont il manie tout aussi bien la mise en avant que l’effacement derrière les autres sections lorsque nécessaire. Une intelligence de jeu qui ne confère que plus de relief au résultat. 

Chapitre « Keys »

Au niveau des thématiques respectives, « Keys » charme dès les premières notes de l’introductif « Homely ». Tonalité calme, posée. Les notes respirent pour mieux s’exprimer. Et captiver. Aussi doués soient-ils, les protagonistes jouent dans la retenue. Empreints d’une sensible songerie agréablement contagieuse.

Chapitre « Strings »

De par sa forme plus conventionnelle, « Strings » séduit moins . Tant sur l’approche des orchestrations que la trame mélodique. En outre l’ensemble s’avère suffisamment bien ficelé pour rester plaisant. Ne serait-ce que pour la pudeur du volatil « Hugso ».

Sans être un chef d’œuvre, « Keys & Strings » se révèle un album réussi. Particulièrement le chapitre « Keys » qui brille par sa personnalité singulière. Et confère à l’ensemble le potentiel pour accroître sensiblement la notoriété de Jakob Dinesen. Au regard de la qualité de son œuvre, voilà bien tout le mal qu’il mérite.

#AudacieusementRêveur

Jakob DinesenKeys & Strings / Disponible chez Stunt Records.